Aujourd'hui j'ai voyagé dans le temps. Je suis retourné deux ans en arrière. Et j'ai fait une grosse boule. Et j'ai tout mangé. Promis, juré. Puis je suis allé voir le voisin pour lui échanger du tabac contre un peu d'herbe qui trainait là depuis 6000 ans. Parce que c'est pas comme si je l' avais toujours supporté cette machine à angoisse. Alors c'est sans rancune. Puis c'est surtout un sursis de quelques jours. C'est pas non plus comme si j'allais me vendre au Peuple Belge.
jeudi 26 novembre 2009
All the stars are dead now.
Non mais là c'est juste que je suis mort d'inquiétude et que visiblement ça ne compte pas. On s'en fiche merveilleusement. J'suis plus l'acteur principal. L' oublitude est reine. Et surtout pas roi. Et c'est alors que durant les journées je croise des couples improbables chez les autres, dans-les-rêves-je-me-retrouve-condamné-à-ouvrir-la-même-porte-toujours-sur-la-même-pièce-tel-Sisyphe-et-son-rocher-et-qu'en-me-réveillant-je-me-retrouve-dans-un-état-si-inquiétant-que-j' en-viens-tout-naturellement-à-me-raser-aussi-habilement-qu'un-ado-de-15-ans.
Hier je regardais M. à cette conférence à deux vitesses au Palais et repensais que l'année prochaine elle sera au pays des court-circuités de la partie religion du cerveau. Au bout du monde. Tel est son choix.
Ici la journée sera bien courte. Trop courte. Assez courte. Comment dire. C'est pas la journée qui changera radicalement le cours de l' existence. Mais. Et ça mérite d'être écrit, en fait. Je n'ai plus qu'une cigarette. Plus une goutte de vin. Tout ça risque d'être très long. Je crois que je vais juste me mettre un disque de Joy Division ou de Cure tout en fumant la dernière cigarette. Au fond du lit. A attendre des réponses qui ne viennent pas. Et surtout à tout faire pour ne pas sauter sur le téléphone.
Hier je regardais M. à cette conférence à deux vitesses au Palais et repensais que l'année prochaine elle sera au pays des court-circuités de la partie religion du cerveau. Au bout du monde. Tel est son choix.
Ici la journée sera bien courte. Trop courte. Assez courte. Comment dire. C'est pas la journée qui changera radicalement le cours de l' existence. Mais. Et ça mérite d'être écrit, en fait. Je n'ai plus qu'une cigarette. Plus une goutte de vin. Tout ça risque d'être très long. Je crois que je vais juste me mettre un disque de Joy Division ou de Cure tout en fumant la dernière cigarette. Au fond du lit. A attendre des réponses qui ne viennent pas. Et surtout à tout faire pour ne pas sauter sur le téléphone.
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mercredi 25 novembre 2009
Il m' aura bu de tout son soûl.
Je songeais alors à me faire un lait chaud au miel d' Acacia en me disant que je devrais peut être relire l'Étranger et en faire une toile. A chaud. A vif. A brulant. Aveuglément. Comme son soleil. Lumineux et tragique.
D' un pas vide je dégringolais alors en bas de l' escalier. En attendant que le lait tiédisse mes yeux observaient les alentours. Un œil sur le mur. Un œil sur les toiles qui s'y agrippent. Ce lieu est bien calme. Replié sur lui-même. Les murs font 4 mètres d'épaisseur et je suis le garçon magicien qui aime empiler des briques. Parfois je me dis que je ne fais plus qu'un avec cet endroit. Un jour on me retrouvera ici et on ne m'y verra plus. Et dans cette phrase particulièrement contradictoire il y a toute la vérité latente d'une absence profonde.
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mardi 24 novembre 2009
Le départ.
- Maman, j'ai mal au ventre...
- On va descendre après, ne t'inquiètes pas.
La fille s'est alors penchée vers l'avant et a inondée le sol de tout son repas du midi. Puis elle a relevé la tête. Elle était rouge explosive. Ses yeux étaient injectés de sang. Elle n'a rien dit rien. Pas une larme, pas un mot. Durant quelques instants elle s'était transformée en proto-junkie en fin de vie. Sa mère essuya le coin de sa bouche et nettoya le reste comme elle pouvait. Elle se tourna vers moi et s'excusa pour elle du désagrément. Je lui souri sans lui répondre.
Puis la petite fille se mit à rire aux éclats.
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lundi 23 novembre 2009
How time dies.

Une nuit blanche au compteur. Paris au bout de la route. Paris, ville humainement lunaire où personne n'existe et surtout pas toi. Des connaissances cachées aux coins des rues. Peu de kilomètres entre elles. Puis des messages désarmants sur le téléphone.
Paris sans nuit blanche ne serait plus Paris.
Paris sans nuit blanche ne serait plus Paris.
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vendredi 20 novembre 2009
What did you see there ?
Il s' était à peine endormi. Les pensées dansaient et tourbillonnaient sur la frontière aussi sereine qu' inquiétante qui sépare la réalité et le sommeil. Puis, comme si une entité invisible venait de lui planter une lame dans la cuisse, il ouvrit grand les yeux. Il était effrayé. Il ne sentait plus ses jambes. Un de ses bras lui faisait également défaut. La pièce n'existait plus. Elle commençait à se réduire tel un cube dont les parois, floues, ondulaient de manière à donner la nausée à la plus coriace des personnes. Il avait chaud. Puis froid. Puis encore chaud. Puis à nouveau froid. Son cœur battait si vite qu'il se sentait partir. Dans peu de temps il allait lâcher.
Fuir.
Il ne pouvait plus se lever, la panique le submergea et il se mit à hurler. Mais il ne s'entendait même pas crier. Il était au fond de l'océan et la plus sensible des créatures marine ne l'aurait pas même entendu. Il tenta une seconde fois de se lever. Mais son corps ne répondait plus. Ses yeux dilatés regardaient cet endroit inconnu qui se jouait de lui alors qu'il perdait la raison. Ne pouvant se maintenir sur ses deux jambes il décida de se trainer sur le sol jusqu'aux escaliers. Un semblant d'escalier. Une échelle qui, malgré la proche distance du lit, semblait être le bout du monde. Son cœur battait de plus en plus vite ; le rythme cardiaque dansait avec la chambre qui se déformait de plus en plus à mesure que son regard balayait les murs blanc teintés de rouge. Il s' agrippa à la première marche. La tête en avant. N'ayant l'usage que d'un bras il trébucha inévitablement à mi chemin de la fin de cette échelle interminable puis s'effondra en bas. Cela devait faire certainement mal mais il ne ressenti que son propre souffle s'accélérer de plus belle.
La couleur bleu du sol se reflétait sur l'ensemble du bas de la pièce. Depuis sa position, la table semblait être le toit du monde. Il ne parvenait toujours pas à mettre un pied devant l'autre. Le monde se dérobait sous ses mains. Les poutres lui tombaient sur la tête. La gravité était devenu si forte qu'il eut l'impression de s'enfoncer dans le sol. Cette sensation angoissante qu'il allait finir à l'étage inférieur. Creuser, creuser et encore creuser.Un énième cris sorti de sa bouche et celui ci il l'entendit. Il parlait un autre langage, celui de la fin imminente. Celui du dernier jour. Il ne se comprenait pas lui même. La porte était en face de lui. Il ne pensait qu'à une chose : sortir. Il rampa alors jusqu'à elle. Même si on pouvait à peine la distinguer dans l'obscurité abyssale de l'étage inférieur, il savait par instinct que la sortie ne pouvait qu' être là. Impossible de réfléchir. Impossible d'avoir une pensée cohérente. Impossible de raisonner. Son cœur l'abandonnait. Les pulsations frénétiques s'étaient mutées en un véritable langage inné et universellement compréhensible. La pièce s'effondrait sur elle même. Malgré le souffle coupé, il essaya tout de même de crier toujours plus fort . Personne n'était là. En face de la porte - qui devenait mur - il essaya en vain de s'accrocher à la tirette.
Échec.
Il s'effondra à nouveau sur le sol. Il pouvait sentir son odeur. Il pouvait sentir l'air froid qui passait sous la porte. Son rythme cardiaque se mit à ralentir. Un rideau opaque voila progressivement son regard. Sans trop avoir le choix, il ferma les yeux. Ses membres se relâchaient. Il était à bout de force. Il avait abonné. Il cessa de crier et se laissa partir.
Le lendemain il se réveilla dans le lit.
L'appartement était dévasté.
Fuir.
Il ne pouvait plus se lever, la panique le submergea et il se mit à hurler. Mais il ne s'entendait même pas crier. Il était au fond de l'océan et la plus sensible des créatures marine ne l'aurait pas même entendu. Il tenta une seconde fois de se lever. Mais son corps ne répondait plus. Ses yeux dilatés regardaient cet endroit inconnu qui se jouait de lui alors qu'il perdait la raison. Ne pouvant se maintenir sur ses deux jambes il décida de se trainer sur le sol jusqu'aux escaliers. Un semblant d'escalier. Une échelle qui, malgré la proche distance du lit, semblait être le bout du monde. Son cœur battait de plus en plus vite ; le rythme cardiaque dansait avec la chambre qui se déformait de plus en plus à mesure que son regard balayait les murs blanc teintés de rouge. Il s' agrippa à la première marche. La tête en avant. N'ayant l'usage que d'un bras il trébucha inévitablement à mi chemin de la fin de cette échelle interminable puis s'effondra en bas. Cela devait faire certainement mal mais il ne ressenti que son propre souffle s'accélérer de plus belle.
La couleur bleu du sol se reflétait sur l'ensemble du bas de la pièce. Depuis sa position, la table semblait être le toit du monde. Il ne parvenait toujours pas à mettre un pied devant l'autre. Le monde se dérobait sous ses mains. Les poutres lui tombaient sur la tête. La gravité était devenu si forte qu'il eut l'impression de s'enfoncer dans le sol. Cette sensation angoissante qu'il allait finir à l'étage inférieur. Creuser, creuser et encore creuser.Un énième cris sorti de sa bouche et celui ci il l'entendit. Il parlait un autre langage, celui de la fin imminente. Celui du dernier jour. Il ne se comprenait pas lui même. La porte était en face de lui. Il ne pensait qu'à une chose : sortir. Il rampa alors jusqu'à elle. Même si on pouvait à peine la distinguer dans l'obscurité abyssale de l'étage inférieur, il savait par instinct que la sortie ne pouvait qu' être là. Impossible de réfléchir. Impossible d'avoir une pensée cohérente. Impossible de raisonner. Son cœur l'abandonnait. Les pulsations frénétiques s'étaient mutées en un véritable langage inné et universellement compréhensible. La pièce s'effondrait sur elle même. Malgré le souffle coupé, il essaya tout de même de crier toujours plus fort . Personne n'était là. En face de la porte - qui devenait mur - il essaya en vain de s'accrocher à la tirette.
Échec.
Il s'effondra à nouveau sur le sol. Il pouvait sentir son odeur. Il pouvait sentir l'air froid qui passait sous la porte. Son rythme cardiaque se mit à ralentir. Un rideau opaque voila progressivement son regard. Sans trop avoir le choix, il ferma les yeux. Ses membres se relâchaient. Il était à bout de force. Il avait abonné. Il cessa de crier et se laissa partir.
Le lendemain il se réveilla dans le lit.
L'appartement était dévasté.
Un dernier mot.
Ce soir, enfin ce matin, tout en écoutant les salves lentes MAIS classes de Bohren & DCoG je me délectais à lire l'intégralité d' un blog trouvé au hasard des pages. Ne pouvant exprimer mon engouement à la lecture de ces pensées joliment écrites j'en profite pour le faire ici. Pourquoi pas.
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