jeudi 2 février 2012

Mémoire ouverte.

Le gout de l’alcool et plus précisément la bière me rappel toujours ces nuits d'ivresses dans les squats glacés au beau milieu de l'hiver. Rien de plus agréable que de me remémorer cette époque ou rien ne m'attendait et je ne m'attendais surtout à rien. Je touchais du doigt une sorte de nihilisme exemplaire dans lequel aucune sorte de règle ou morale ne venait me perturber. Je m'attendais à tout, j'étais prêt à tout voir et aucun chose ne m'aurait déstabilisé. J'observais, je buvais, je vivais l'instant d'être nulle part, avec eux : dans leur néant.

vendredi 27 janvier 2012

JE CHAVIRE. Je m'effondre, je sombre et je disparais. J'ai fait le choix de retourner vers les profondeurs terrifiantes de ce que je suis véritablement. Je veux plus que tout retourner parmi les miens et tourner radicalement le dos à cet avenir sans futur. Je vous déteste tous, je vous méprise au gramme. Que votre disparation soit votre salut, que ma propre mort soit célébrée comme la libération malheureuse d'un personnage qui a fait son temps et dont le temps supplémentaire n'est plus à justifier tant il est futile. Allez au diable, tous que vous êtes ne signifie rien. Je ne tombe amoureux que du néant, j'admire les gens qui disparaissent et je ne suis fidèle qu' au désespoir. Tous autant que vous êtes.



dimanche 15 janvier 2012

Jamais je ne vais changer. J'ai décidément les amours volatiles et je ne m'attache jamais à ce qu'il faudrait. Elle s'en va pendant des semaines ou des mois, au bout du monde même. Je ne l'oublierai jamais, c'est bien pour cela que je préfère m'enterrer dans cette vie qui comporte tout de même ces avantages, je n'ai ainsi pas le cœur brisé à chaque rencontre. J'ai l'impression d'avoir vécu une rupture, en quelques sortes. Je ne me l'explique pas, je ne m'attendais pas à ça et ça faisait bien longtemps.

Chemical reaction,
hysterical and useless.

jeudi 12 janvier 2012



Je suis un mort-vivant. Je chevauche impassible le jour et la nuit en prenant grand soin de bien les ignorer. IL n'y a plus d'heure, tout est à la fois fade et angoissant. Je n'ouvre plus le rideau, le sommeil est aléatoire et le laisser-aller plus qu'évident. Je suis dépassé par ma propre vie qui se comble toujours plus d'obligations obsolètes que je m'impose pour le meilleur et le pathétique. Je reçois des mots dans la nuit qui me convainquent une bonne fois pour toute de ma folie refoulée. Je suis quasiment certain que tous les fantômes se sont liés contre moi pour former deux camps séparés. Il y a ces spectres qui reviennent de nulle part et ceux qui au contraire décident de prendre congé de ma supercherie nouvelle. Que ce soit l'un ou l'autre ils écorchent l'âme de la même manière. Entre ceux qui menacent de leur départ et ceux qui reviennent avec d' hasardeuses intentions, c'est presque à gerber.

Je ne veux pas l'avouer mais après avoir trop longtemps écarté les Humeurs et ceux qui en sont infectés, le retour de bâton est sans surprise. Je m'y attendais, je suis tellement prévisible que ça me fait rire alors même que je ne sais plus vraiment si je suis fatigué. J'ai pourtant pris la maquis et je ne m'en cache plus auprès des intéressés. Ne restent que les protagonistes qui doivent être à des centaines de lieues de se douter que cette vie misérable, je me l' impose.

J'ai tenu ce rôle plus d' une année. Mon corps a souvent réclamé l'ancienne vie mais globalement j'ai tenu bon et d'ailleurs presque sans rien faire ; car je vous le dis, à vous tous maudits, la clé du aller-mieux est bien de ne plus prendre aucune décision. A partir d'un unique élément positif ne faites plus aucun choix, éteignez-vous, transformer votre pathétique carcasse en machine et à l'avenir avant de faire un nouveau choix demandez-vous ce que ferait la plus ordinaire des personnes dans ce cas bien précis. Une personne ordinaire qui aurait au mieux toute sa logique, sa morale et sa raison. Oubliez le choix des personnes lucides, n'en faites plus acte dans votre opinion car vous seriez condamnés.

Aujourd'hui je ne comprends plus, j'avais presque réussi et c'est vraiment un grand désespoir pour moi de vous faire le préambule ici même, dans ces limbes, de mon échec existentiel prochain si je ne me ressaisis pas dans le mois qui suit.

Je n'ai pas passé un an à travailler au corps cette nouvelle vie pour la couler sans aucune pitié ; bien que ça serait dans mes cordes et dans mes habitudes. N'est-ce pas.

samedi 24 décembre 2011

Ma détresse est imperceptible et inexplicable. Plus Personne ne lit, ne comprend et je le sais. Je ne trouve plus de mot pour expliquer ma fin toute proche et mon désir de tout détruire avant de partir. Pas une personne ne peut admettre que je ne suis pas fait pour ça, j'ai fait les pire choses que l'on puisse imaginer, je l'aime, elle, elle et encore elle. Je l'ai tellement aimé, après, trop tard, j'ai tout gâche, à cause d'elle ; toute, je l'aimerai tellement, je la regrette tant. On déraille ici, on perd la ville de vue, j'ai peur qu'elle disparaisse. M'aimera t'elle encore et toujours ? Non, elle ne s'attachera plus jamais, elle ne s'arrêtera jamais assez. On parle, sans arrière goût, on s'ennuiera, ensemble. Si seulement elle savait, j'ai tellement tout gaché et j'ai pourtant tout risqué. Pauvre, elle est pauvre et stupide, sombre idiote, triple conne, elle ne sait pas que tout est déjà finit. Je pense à elle, c'est un regret de la savoir si loin, cette Fille.

C'était toi que j'aimais, je me suis sauvé, parce que c'est la vie.



ELLE FUIT.
TU FUIS.
TU POURRAS TE CASSER AUSSI LOIN QUE TU PEUX,
DANS TES PAYS IMPROBABLES,
RIDICULES MÊME,
A POURSUIVRE JE NE SAIS QUEL GARÇON.
TU SAIS QUE JE SUIS JALOUX,

TU SAIS QUE JE PARLE DE TOI.

CE N'EST PAS FINIT.

PUTAIN NON.

JE TRAHIRAIS LA TERRE ENTIÈRE.
ALLEZ TOUS VOUS FAIRE FOUTRE.

dimanche 18 décembre 2011

DISGUISE AS DISGUISED AS ME.



Je ne suis pas mort, je sais que je vais renaitre, j'arrêterai pas, j'ai tout une force à l'intérieur de moi, une force que personne ne peut atteindre. La force de ma connerie, la force qui fait de moi ce que j'ai toujours été. Mon corps est composé d'un néant absurde et je sais que je vais renaitre et tout détruire, parce que c'est ainsi que je suis fait, peu importe le temps, je tiendrai et j'en crèverai.

jeudi 10 novembre 2011




J'ai renoncé.

mercredi 31 août 2011

Vous savez, je suis las de pousser le moindre soupir. Il n'y a pas une heure sans que l'envie l'envie de me coller une balle dans la tête surgisse du néant. Oh je l'imagine tellement, c'est une film qui pourrait tourner en boucle sur toute les télévisions. J'enfonce le canon du flingue dans ma putain de bouche, j’appuie sur la détente et je sens enfin mon crane se dérober sous l'effet de déflagration. Cette envie est devenue une obsession si incontrôlable qu'elle me déconcerte. Une telle libération n'a visiblement pas de prix si un corps la réclame encore plus ardemment que la simple évocation du bonheur ou d'un simple retour à la normal ? Je ne veux plus voir personne, ni sortir, ni avancer dans aucune chose de ma vie. C'est à bout de souffle et à au delà de mes forces que je termine ce texte et que je continue de vivre. Je n'arrive plus à décrire ma détresse tant elle est grande. J'ai depuis longtemps cessé de me battre car aucune arme sur cette terre n'aurait d'effet sur ma misérable existence. Le poids constant de la vie m'écrase, les humeurs m'étouffent, l'entourage m'achève, je me dégoute. Mon corps, qui lui semble vouloir encore survivre m'implore d’ouvrir une bouteille ou de consommer quelconque autre matériel de joie. C'est d'ailleurs très curieux. Mais en pleine nuit on refuse tout à son corps, surtout si sous la main il n'y a que quelques clopes qui semblent très peu convaincantes.

J'ai aujourd'hui clairement perdu tout espoir d'aller mieux. Ces cycles d'humeurs diverses m'épuisent de mois en mois et surtout d'années en années. Ma vie semble irrévocablement condamnée et je ne serais pas surpris de découvrir un jour ou l'autre une sorte de maladie qui y mettrait fin. Avec la chance que j'ai elle sera évidemment lente et douloureuse. Je ne suis définitivement pas de ce monde, ni d'aucun autre d'ailleurs.

J'envoie des bouteilles à la mer, ne pouvant faire que ça,
à défaut de m'auto-détruire et de perdre l'ensemble du reste de ma vie.

samedi 20 août 2011

Après des mois léthargiques de vie maritale presque-parfaite (autrement dit 11 mois et 11 kilos plus tard), me revoilà. Au spleen d'hiver succède le spleen d'été, implacable machine à créer des humeurs. Les saisons ont une impacte redoutablement déstabilisante dont seuls les souvenirs des plus faibles d'entre-nous ont le secret. Les saisons c'est comme les époques, c'est à dire la pluie et le beau temps des gens maudits.
Je n'ai pas écrit depuis longtemps. Je m'en contre fiche maintenant, j'écrivais pour vivre aux travers les textes... mais je n'ai plus foi en mes additions de mots.
C'est mieux de s'enfoncer, encore.

MISERERE, MISERERE.


J'ai en moi le besoin ardent de succomber à l'appel du vide.

vendredi 22 juillet 2011

J'étais loin d'imaginer ô combien il allait être difficile de revenir ici. Je n'étais pourtant pas obligé mais l'enfer opère sur moi un pouvoir d'attraction peu raisonnable. Dans le train j'observais cette formation nuageuse qui partait de l'horizon et s'arrêtait à mi-regard. Elle était si impressionnante qu'en la fixant j'arrivais à y voir une montagne ; soudainement je voyageais, je n'étais plus entre deux mondes.


J'ai absolument tout pour être heureux ; tout ce dont j'ai rêvé et tout ce qui est nécessaire. En un an de temps j'ai eut ma revanche sur la vie en obtenant les meilleurs projets, les meilleurs places, la meilleure amante, les meilleurs amis, je suis dans un certain sens à l’apogée de mon devenir futur. Mais pourtant, sans surprise, tout est fade et je troquerais volontiers un million de fois cette vie contre ma toute première année d'étudiant ou encore un certain degrés de possibilités m'était offert ; ce moment où j'ai vécu les meilleurs époques de ma vie. Sans aucun regret je troquerais cette misérable existence contre ces années particulièrement folles. Il y a quelques temps j'étais au bord de tomber à nouveau et de détruire ce présent plus-que-parfait, comme je l'ai auparavant de nombreuse fois fait. Mais au risque de reproduire du déjà vu je n'ai rien fait et la crise est passée. Me voila enfermé dans l'obligation du devenir et qu'on me fustige de me plaindre d'être dans de bonnes conditions, ce n'est jamais que chose matérielle et il est évident que cela ne rendra jamais heureux tant que le reste ne sera pas passé. Je suis au regret de dire que je suis attaché comme au premier jour à l'Anamour et au reste de ma vie passé. Je suis seul sur le seuil de mon existence et j'attends des miracles qui n'arriveront jamais.

lundi 4 juillet 2011




Je me souviens, il y a quelques mois, nous allions danser moi et F. en Belgique. Après avoir erré dans la glace et dans la neige fondue, nous avions enfin trouvé cet endroit surréaliste qui passera toute la nuit cette musique que nous aimions tant. Je me demande si cela recommencera un jour. Nous étions hors du temps, hors de tout, nous vivions cette époque qui justifierait presque notre existence.
Je n'ai plus rien à avaler. J'irais faire presque vomir mon voisin pour qu'il me rende les quelques verres que je lui ai offert. Je n'ai pas finit de régler mes propres comptes. Demain une réponse tardive viendra briser ou éclairer deux mois d'attente. La gloire ou l'échec, le fruit de mois d'efforts où alors la chute invertébrée, qui serait si peu surprenante vue les circonstance qui me sont propres.

Je n'arrive pas à oublier, je n'arrive pas oublier.

mercredi 22 juin 2011

mardi 31 mai 2011




Le téléphone a sonné l'autre matin.

Je représente visiblement à moi tout seul l'incarnation même de l'effondrement de l'individu sur lui-même. On dirait qu'à force de l'écrire ça a du finir gravé sur mon front sans que je m'en rende compte. En effet, depuis des siècles je fais des pieds et des mains pour paraitre socialement acceptable mais ma nature profonde transcenderait à tel point que des individus ô combien respectables de par leur culture, leur statut, leur expérience, leur pratique et leur age m'ont vivement recommandé pour le rôle principal d'un long métrage tout ce qu'il y a de plus sérieux, loin, très loin du bricolage alternatif auquel je me serais dans tous les cas attendu. Quelques jours après ce coup de téléphone, j'avoue avoir été totalement incrédule du fait qu'un de ces individus - qu'au passage j'adore et respecte - me confirme de vive voix que ce rôle est fait pour moi. Je serais donc la personne idéale pour représenter le mutisme, la solitude, le renfermement et la dégénérescence et qui passage, passera les deux tiers du film dans un hôpital psychiatrique ; le tout évidemment saupoudré d'une certaine relation désinvolte avec une certaine fille qui semble certainement dévouée. Je trouve ça tellement ironique dans une période où je risque de sombrer de nouveau à tout moment alors même que je sortais à peine de ma flaque. Bien sur, la première chose à laquelle j'ai pensé c'est évidemment le refus. On me demande de jouer mon propre rôle alors que pas un ne me connait pas réellement et qu'on ne m'a jamais lu car ici, c'est toujours resté secret. Ce ne serait même plus une question d'être acteur, non : ce serait juste une question d'être présent, tant qu'on y est. (...)

C'est vraiment d'une ironie à en faire s'évaporer des montagnes.

Je ne sais pas.

mercredi 25 mai 2011


Je suis un connard, une ordure et une boursouflure de l'existence. Je me plains souvent du mauvais traitement que m'accorde l'existence alors qu'en toute logique je n'ai jamais fait mieux dans mes choix. Aujourd'hui j'ai choisi la fuite raisonnable et la stabilité monacale. Je devais prendre une décision et faire le choix d'aller l'encontre de toutes mes logiques. Dans une certaine radicalité et par tous les moyens j'ai évité la destruction totale en faisant plus ou moins volontairement le choix de devenir un véritable fantôme automatique. Une vie stable, de nouveaux amis stables, des soins, un travail, une quasi-indépendance, des études et des projets d'avenir certifiés viables. Mais qu'ai-je dont perdu en échange de tout cela ? J'ai vendu mon âme à l'enfer tout entier. Une romance sans mot et sans amour véritable. J'aurais bien ri il y a un an en pensant à ça, moi qui ne croyais pas passer l'année. Cependant, il est certain que si je n'avais pas pris cette route je serais actuellement au fond du trou le plus profond que la terre n'ait jamais porté. Tragiquement, ce chemin stable et ordinaire choisi par nécessite de survie arrive trop tard. Je vis actuellement la vie que j'ai rêvée des milliers de fois avec d'autres, alors c'est forcément plutôt fade. Je sais qu'un jour ou l'autre cette poussée raisonnable s'arrêtera soudainement et je retomberai en enfer. Tout le monde le sait, tout le monde l'a vu. Les proches s'en doutent, ils doutent que je suis en train de fondre littéralement.


Certain se barrent, d'autre restent et les grandes époques sont définitivement terminées. Je les vois tous, à se tirer à l'autre bout de la terre ou simplement de la France juste pour fuir, toujours fuir. J'aimerais faire comme eux, comme l'été dernier, comme avant. Partir avec mon sac, advienne que pourra. Mais même cela semble impossible tant l'enracinement dans la vie plate -c'est-à-dire celle qui est à la fois aussi fade que sécurisée- est grande. Après neuf mois de gestation je me réveille à nouveau et je commence à comprendre que dans pas très longtemps je déraillerai à nouveau et je retournerai à l'état normal. Le manque reste le même, les douleurs sont semblables, les écorchures sont encore vives et la même initiale me hante encore nuit et jour. Pendant un temps tout ça m'a permis d'oublier, un moyen comme un autre mai tristement jamais durable. Bientôt je vais reprendre ma route, cette route solitaire et incertaine qui me ressemble tant.

Je n'oublie rien, strictement rien et j'en crèverai.


Il sera difficile de m'extirper de cette vie actuelle car non-seulement elle semble épanouie mais elle ressemble à une véritable prison d'avenir et de bon sens. Si je saborde cette époque je perds alors l'avenir. Serais-je aussi nostalgique de cette existence que toutes les autres une fois celle-ci terminée ? Très certainement et comme à chaque fois. C'est pour cela que j'y reste.

dimanche 17 avril 2011

Un sentiment de neutralité parfaite m'a envahit. C'est une sensation très curieuse et inédite. C'est si surprenant que je n'ai pu m'empêcher de penser à l'écrire alors même que cela commençait quand j'accomplissais les taches hebdomadaires qui me sont assignées afin de faire - au moins pire - fonctionner la boutique. C'est déroutant, oppressant et agréable. Je me sens totalement confus et visiblement je suis en train de vivre ce que je suis.

samedi 16 avril 2011

J'aurais très bien pu parler de mille choses. C'était même un peu prévu. J'aurais du gerber la même quantité de conneries que toutes les autres fois. J'aurais pu parler de cette fille avec les mêmes rideaux rouges, la même petite table rouge, le même interphone inaudible et la même porte qui ne s'ouvre pas d'en haut. Mais non, car dans ma boite aux lettres est tombée cent kilos de plomb. C'est le retour de M. et il ne manquait plus que ça.

Ces fantômes qui reviennent toujours de chez les morts.

vendredi 15 avril 2011





Le grand effondrement.

mardi 5 avril 2011




Nombreux sont les jours comme aujourd'hui où je me sens littéralement mourir de l'intérieur. Hier encore je m'étonnais presque de bouger dans tous les sens. Mais ce genre d'histoire se termine vite. Dès le réveille je ressentais déjà cette journée typiquement accablante où la fatigue et la lassitude se traduisent particulièrement violemment. Ainsi, comme à chaque fois, je ne me lève plus, je ne bouge plus vraiment, j'attends. Le rideau est tiré, il fait sombre, il fait froid et la bougie d'autre fois termine sa dernière course. C'est alors que dans un certain effort, profitant du peu de distance entre le lit et le bureau, je m'agrippe à la chaise, m'y hisse sans toucher le sol, tel un handicapé à bout de force dont les jambes auraient disparues dans un trou noir métaphysique afin d'essayer de gribouiller quelques mots.

Il y a des soirées que l'on ressent à l'avance et qui nous attire plus que d'autres. L'autre fois j'avais un certain choix, aller à ce vernissage et y rester ou aller ailleurs. Finalement après le vernissage j'ai préféré aller zoner avec F. Étrangement ce soir là y avait ce type, A. , que je devais rencontrer depuis presque 2 ans. J'en savais des histoires sur lui, de sombres histoires. Mais ce fut jamais vraiment qu'une certaine curiosité plus qu'une nécessité que de faire sa rencontre. Après les quelques verres en Ville ou au hasard des endroits où j'ai d'ailleurs croisé (et ce presque avec joie) quelques fantômes d'une vie oubliée, nous sommes rentrés à pied. La route était longue et une autre sorte de hasard nous fit rencontrer cet autre garçon que les types connaissaient et qui avait le même prénom que moi. La probabilité de rencontrer quelqu'un qui s'appelle comme moi (et avec un comportement aussi significatif) est aussi faible que celle de rencontrer ces chimères que mes idées impossibles désespèrent d'imaginer par nécessité de survie. Alors nous autre voyageurs nous fîmes une escale chez ce fameux garçon. Fascinant de constater au bout de très peu de temps qu'il est tout simplement une version de moi sans la maladie. Il a une vie d'étudiant ordinaire dans un cursus qui aurait sans doute été le mien si je n'avais jamais été ainsi. Hallucinations brèves en territoire inconnu. Un lien particulier nous a animé durant cette courte étape. Bonjour, je suis toi, mais avec toute la merde qu'il ne faut pas. Moi qui rêvait au fond d'être comme lui, je me suis rendu compte et ce pour la première fois, que la véritable tristesse était plutôt dans sa non-vie que dans ma sur-vie quotidienne; même si il est toujours un peu enviable, je préfère crever ici.

Après cette halte, nous saluâmes, il nous restait à peine 10 mètres avant d'achever notre route et d'arriver dans l'enfer de A.

Ainsi je l'ai véritablement rencontré chez lui. Vous savez, après avoir rencontré votre version la plus soft, vous rencontrez dans la même soirée votre version la plus trash, en garçon, face à un quasi-miroir. Violence, alcool, destruction, inconscience, décadence et perdition. Ce type empestait les Humeurs à 10 kilomètres à la ronde. Aucune limite dans son comportement, aucun compromis. Aucune boisson ne m'atteignait tant cette soirée me subjuguait par son caractère impossible. Pendant tout ce temps je n'ai été que l'observateur incrédule de ma propre folie. Celle dont je me rappelle rarement avec comme protagoniste cet autre moi effrayant. Je lui soufflai à l'oreille des idées inconscientes qu'il confirmait sans détour. Ce n'est pas lui qui aurait du finir la tête ensanglantée, ni lui qui aurait du faire bruler son appartement, et ainsi de suite. J'ai trouvé plus fort que moi et je repense alors à l'autre possibilité de soirée qu'il y avait à l'autre bout de la métropole... et je souriais. Elle aurait été tellement plus ordinaire avec P. dans l'air de cette vie qu'il faut accepter un jour ou l'autre et que j'ai d'ailleurs depuis quelque mois largement assimilé tant ma propre vie résonne du creux de l'existence classique et régulière dont le seul point d'ombre reste mes humeurs qui saccagent tout, de temps à autre, pour ne pas changer.
Nous nous quitterons avec violence dans un maelström d'évènements qui m'ont partiellement échappés tant ils ne me concernaient pas et surtout tant je ne désirais pas m'y mêler. Rencontre chaotique et unique, comme avec l'autre : ce que j'aime le plus.

Article dangereux.

Il est certain que lorsque la relation dure une sorte d'attachement et d'attendrissement surgit du fin fond de ce programme socialement encré dans la tête depuis tout petit, même si tout ça n'existait pas au début de l'histoire. Je suis libre de mes actes mes enchainé par la crainte de l'échec et l'idée même de sombrer globalement et à nouveau dans cette démesure caractérisée qu'était cette soirée. Depuis de nombreux mois je n'ai jamais cédé au romantisme ni jamais écrit aucun mot qui pourrait un instant faire croire que ce qui est incertain à l'intérieur serait une certitude à l'extérieur. Mon indécision quant à cette histoire se transforme peu à peu en quelque chose de décisif. Après toutes ces autres histoires me voilà envahit d'un doute qui, au delà de tout attachement, m'a fait pénétré dans une nouvelle étape de mon existence. Je me surprends même à employer le mot "nouveau" alors que chaque jour qui passe mon corps réclame sans cesse mon propre meurtre. Ce décalage insoutenable, cette soirée hallucinante, toutes ces choses sont là pour me rappeler que je ne changerai pas, que malgré une vie qui s'annonce des plus basiques et ordinaire cette autre version de moi existe toujours et ne cessera de se manifester au moindre contact de mes semblables écorchés vif qui auront toujours le talent de réveiller au fond de moi mes plus bas instincts, ma violence, mon immoralité, ma décrépitude et réciproquement.

dimanche 27 mars 2011

Garcin

Ouvrez ! Ouvrez donc ! J'accepte tout : les brodequins, les tenailles, le plomb fondu, les pincettes, le garrot, tout ce qui brûle, tout ce qui déchire, je veux souffrir pour de bon. Plutôt cent morsures, plutôt le fouet, le vitriol, que cette souffrance de tête; ce fantôme de souffrance, qui frôle, qui caresse et qui ne fait jamais assez mal.

samedi 5 mars 2011


Tout est tellement fade.
Je ne sais pas jusque quand tout ça va durer, mais je n'en peux plus.
Alors vite.

mardi 1 mars 2011

FAUST

" Sous quelque habit que ce soit, je n'en sentirai pas moins les misères de l'existence humaine. Je suis trop vieux pour jouer encore, trop jeune pour être sans désirs. Qu'est ce que le monde peut m'offrir de bon ? Tout doit te manquer, tu dois manquer de tout ! Voila l'éternel refrain qui tinte aux oreilles de chacun de nous, et ce que, toute notre vie, chaque heure nous répète d'une voix cassée. C'est avec effroi que le matin je me réveille ; je devrais répandre des larmes amères, en voyant ce jour qui dans sa course n'accomplira pas un de mes vœux ; par un seul ! Ce jour qui par des tourments intérieurs énervera jusqu'au pressentiment de chaque plaisir, qui sous mille contrariétés paralysera les inspirations de mon cœur agité. Il faut aussi, dès que la nuit tombe, m'étendre d'un mouvement convulsif sur ce lit ou nul repos ne viendra me soulager, où des rêves affreux m' épouvanteront. Le dieu qui réside en mon sein peut émouvoir profondément tout mon être; mais lui, qui gouverne toutes mes forces, ne peut rien déranger autour de moi. Et voilà pourquoi la vie m'est un fardeau, pourquoi je désire la mort et j'abhorre l'existence. "






J'attends que tout recommence.
J'attends le cœur lourd, les paupières baissées.
(...)


mardi 15 février 2011


D
E
A
D




T
I
M
E

vendredi 11 février 2011



J'ai encore rêvé de toi cette nuit.
Ça se finit toujours mal.
Je ne sais pas si c'est le manque ou la peur, mais ça arrive trop souvent.

lundi 31 janvier 2011

Je devais accoucher de l'enfer, j'ai finalement avorté du néant. J'ai réussi à faire comprendre que je n'en pouvais plus de cette situation, mais à quel prix ? A celui d'une énième chute certainement. Mais mon esprit est ailleurs, mon esprit est avant. Il est loin et l'a toujours été. Il est dans ses yeux, il est sur sa peau et il désespère ce parfum perdu à jamais.

J'ai rayé tous mes disques, je n'ai plus rien à dire.



When i waved to you
Then you knew i was gone
you calmed down
So there in the air
Where i can't move
I say
Just say to you
Goodbye my love,
Goodbye.

dimanche 23 janvier 2011

Rencontre fortuite ou chronique
des amours passionnés d'une heure et de demis (II)


Article dangereux. Cinq heures du matin et je me lance dans la longue explication qui me vaudra, si elle était vraiment lu, de nombreuses critiques acerbes. Peu importe.

P. me fatigue. Elle me fatigue tellement que j'essaye de l'éviter malheureusement depuis des jours. Mon vernissage est passé, il est tellement passé que je n'avais pas anticipé la suite, j'avais oublié qu'il était devenu un but en soi, qu'il avait tout occupé, m'avait fait touché le bas et que maintenant je me retrouve sans rien. Je suis à nouveau face au vide. Bien sur P. était là aussi, commissaire, tout comme moi. Mais dans un milieu tel que celui ci elle avait relativement quelque chose de supportable que je ne retrouve décidément plus dans le cercle intime. Dommage. 5 mois pour ainsi dire : et rien. Après l'amour physique, le vide insupportable. Je le savais, malheureusement aussi, mais je n'ai ni la force de rester, ni la force de partir, alors je reste là et j'attends délicieusement les aurores au sommet de l'ivresse pour écrire ce que je ne dis à quasiment personne.

J'avais invité C. à une soirée en Belgique cette nuit. J'avais pourtant réussi à faire en sorte que P. n'y soit pas. Bref, des disques, des cigarettes et des sourires sur la piste, dans la fumée. Mais oui, fumée n'est pas loin de mon nom-sale : Fumier. Bien que sur le coup je ne fut pas vraiment un fumier, mais ça risque de revenir. De facto, et je vais peser mes mots : j'ai un talent incroyable pour faire connaitre et proposer aux gens des soirées qui semblent m'intéresser au plus haut point et que eux ne connaissent pas. Jusque-là c'est normal mais le plus tragique dans l'histoire c'est qu'au final, globalement à ces soirées je n'y suis pas mais ces personnes que j'invite : oui. De ce fait sur place elles rencontrent des gens, s'amusent et voila. Simplement. Le dernier train Belge était à 22h00, je me voyais déjà tristement trop bien tituber dans la gare de Lille. D'ailleurs C. était loin d'être une proposition désintéressée. Depuis quelques temps je pense beaucoup à elle, nous nous sommes croisés, loin de son mec, pas vraiment loin de la mienne. L'autre soir quand je l'avais recroisé fortuitement je l'avais trouvé splendide et d'une classe sans nom comparée aux boulets que j'étais en train de trainer dans des lieux qui me pèsent chaque année un peu plus. Anyway.
Cette soirée Belge était l' occasion rêvée de vraiment faire connaissance et de s'amuser ensemble loin de nos vies concubines respectives. Et tiens, pourquoi pas l'occasion rêvée de me construire un prétexte idéal pour fuir l'actualité et au mieux à me préparer à terme à ce long voyage de bientôt. Mes rêves ensorcelés depuis le pavé de la Très Grande Ville, la vrai Ville, celle du petit chat et de tous les toits.
Mais à cette précieuse soirée je n'y suis pas allé, parce que c'est bien connu : je vais là où le mur est le plus haut et ce soir le mur était le plus haut au fond de mon lit avec ma fidèle Becherovka. A ne pas mettre en danger cette relation lourde comme un immeuble. Rester sage comme toutes les images. Pathétique amant décérébré et découragé de toute volonté à toucher de près ou de loin l'exutoire de la folie des Anamours ou des nuits uniques. On s'obstine à tracer un chemin si stable que ça en devient minable.

Moi, je mets des ruines dans mes bagages, c'est bien connu. Je mets des rochers et diverses pierres ingrates. J'y accumule des humeurs qui dégoulinent sur la roche et saturent encore plus la valise du malheureux Voyangant. Le Voyageant Écrivant a décidé cette nuit de faire une halte dans les enfers pour voir quel était le gout de la mort. Car son rêve de chaque nuit ne se résume qu'à une seule envie : celle de ressentir le gout du canon dans la bouche, l'agréable gout de métal et enfin appuyer sur la détente pour directement mettre fin à tout espoir. Ce serait vous mentir que de vous assurez que cette image ne me harcèle uniquement avec des grammes dans le sang. Non, le matin, le soir, quand je marche dans la rue, quand je parle aux gens, je ne pense qu'à une chose : l'Arme dans la bouche et mon crane qui explose. Laissez moi dé-rêver ma vie, qu'on me donne le droit légitime de faire ce que je rêve depuis trop longtemps à mon gout.

JE SUIS TROP SAGE EN CE MOMENT.
In loving memory of Jade.

lundi 17 janvier 2011





.......define me define me define me defy
me defy me defy me defy me.......
Je crève.

mercredi 12 janvier 2011




Je bois, j'avale, je rêve. Inconsidérément et déraisonnablement. La bouteille trône sur mon bureau et me nargue de son pouvoir sacré à rendre mes nuits aussi illimitées que tragiques. Je creuse, oui je passe mes journées à gratter de mes ongles un trou sans véritable fin. Je creuse jusqu'au bout de la terre et me retrouve au milieu du désert à deux pas d'un motel ou évidemment une autre bouteille m'attendra. Une autre bouteille mais pas seulement.

Je marche maladroitement le long du couloir extérieur. Non, je ne marche plus, je titube. A la limite de l'effondrement la rambarde devient alors un véritable salut. J'arrête quelques instants et je regarde en contre bas. La voiture est garée, juste là, encore brulante de cette journée interminable et silencieuse à rouler sans contrainte.

On aime ça nous, soulever la poussière derrière nous et savoir que rien d'autre ne nous poursuit.

J'ai presque oublié le numéro de la chambre, peu importe, le temps de le retrouver j'allume une cigarette et regarde alors le ciel qui tombe. Tout est différent ici, surtout le crépuscule. Les repères ont d'ailleurs disparus depuis les premier pas. Je me souviens encore, nous étions des nouveaux nés mais c'est déjà loin. Je sais pas ce qu'elle fait dans la chambre. J'aimerais lui dire qu'aujourd'hui c'est le dernier jour, que je l'ai choisi comme je le choisis souvent et que je ne fais rien, comme souvent aussi. Mais je vais juste me contenter de ramener les cigarettes que j'ai pu trouver en bas pour quelques Dollars. L'autre fois on avait oublié le nom du jour, alors on a rit. Loin de cette vie j'ai enfin trouvé la chute à toutes mes histoires, ici, dans cet horizon et elle, dans la chambre : allongée sur lit dans cet état égal au miens et surtout dans cette pensée aussi lourde que la mienne.

J'ai toujours voulu oublier le temps, être loin, sans aucun mur et nager dans le vide : mon premier amour. De me sentir aussi prêt du néant ; et nous y sommes enfin, nous y sommes bien. Demeurer horriblement libres est un luxe que seul l'extrême désespoir peut engendrer. Dès lors ici, maintenant, nous n'existons plus et nous avons enfin tous les deux disparu.

mercredi 22 décembre 2010



Ce serait mentir que d'affirmer que ma vie ne pourrait pas changer à tout moment, maintenant. Ce serait se moquer de la terre entière si j'affirmais les moindres choses qui me passait par la tête. Je suis au bord du vide, au fond de la mer. J'ai avalé tous les océans du monde, j'ai englouti l'ensemble du néant, la totalité du vide et au passage tous les déserts. Il me reste néanmoins toi, même si je compte te fuir jusqu'au bout de la terre et bien plus loin encore. Te fuir malheureusement car je n'ai aucun autre choix.

MANQUE

jeudi 16 décembre 2010

Sombre merde.

lundi 13 décembre 2010

Je voudrais mourir, disparaitre et ne jamais avoir existé. L'envie de mettre des points finaux sur les jours me dévore tellement que je voudrais hurler de toute mes forces sur toute la Terre. Je n'arrive plus à faire semblant et P. doit tellement s'en rendre compte que je n'ose jamais vraiment aborder la chose. Je suis lassé, livide et complètement béant. J'ai perdu le gout de vivre, je suis terminé, achevé et véritablement clôturé. Je le sens dans ma peau, dans ma chair, dans tout mon corps et ça me lance comme si en gosse tapait du pied dans mon ventre, j'ai fait mon temps et vouloir crever devient un incontrolable désir. J'ai passé ma vie à me recueillir sur ma propre vie et tout ce que j'ai envie de faire c'est accoucher de ma propre mort. Je suis fatigué de l'existence et pas âme qui vive ne peut mesurer cela. Les nuits interminables me rendent presque dingue. Quand je traverse la ville j'aimerais juste me vider sur le trottoir et sombrer dans la dernière folie qui ne me soit pas accessible : celle dont à peine conscience. J'en suis peut-être tout proche ou très loin. J'overdose des jours, de la vie, des gens et de ce qu'il y a tout autour. J'arrive véritablement au bout de mes forces et je commence à comprendre précisément pourquoi j'ai choisi cet endroit pour vivre. J'ai perdu la notion du temps, j'ai perdu toutes les notions en vérité ; j'agonise lentement, silencieusement et judicieusement. Progressivement je commence à me rendre compte qu'il n'y aura aucune vie eu delà de celle ci. Que c'est la dernière vie que j'aurai, que c'est la dernière époque. Je suis déjà mort, un mort qui respire encore mais qu'aucune sorte d'évènement ne peut véritablement réanimer. Je prolonge la durée du supplice car je n'ai pas le droit de céder mais si ça ne tenait qu'à moi, je toucherais du doigt la falaise aussi rapidement que possible. J'implorerais presque le droit de mourir avec la bénédiction du monde entier si seulement il était une seconde dans ma tête. Je suis prisonnier de l'existence, enfermé à la vie. Le néant appelle le vide et l'étreinte glaciale entre les deux malédictions donnera surement tout un sens à mon existence pathétique.
J'aurais aimé ne jamais avoir cette conversation.

dimanche 5 décembre 2010



PARIS TOMBEAU D'ARGENT.

jeudi 2 décembre 2010

" L'amertume est un mélange de colère, de révolte et de tristesse à l'égard de souffrances qu'on a vécues comme étant injustes. On garde de ces expériences un goût amer parce qu'il nous semble que les responsables de la situation (en général on impute la responsabilité à d'autres que soi) auraient pu éviter de nous imposer ces souffrances. On garde un goût amer aussi parce qu'on reste prisonnier de ces sentiments qui deviennent "empoisonnants" à la longue. Il y a toujours de la rancune dans l'amertume (mais celle-ci ne contient pas toujours de l'amertume). La rancune est une colère persistante. Elle persiste parce qu'elle n'a pas connu d'aboutissement. Il en va de même pour l'amertume qui demeure si on ne pose pas les actions nécessaires pour aller au bout de cette expérience et boucler la boucle.
L'amertume est d'abord le signe d'une douleur encore vivante. Elle indique aussi qu'on n'a pas exprimé complètement ses émotions ou qu'on n'a pas agi de façon à se respecter complètement avec les personnes qui nous ont causé le tort qui nous affecte encore. "

mardi 30 novembre 2010

Tu ne manques pas de culot.
Je me suis égorgé des mois et des mois à t'expliquer.
J'ai essayé et ça été pire que tous les pires et tu le sais tellement.
Ensemble égoïstes, l' abandon est réciproque.
Je n'existe plus, tu m'as disparu.

jeudi 18 novembre 2010

Je m'effondre en mille et un morceaux. Je suis une ruine, je suis le mur et je ne suis rien. Je n'arrive plus à décrire ma condition et ça en devient terriblement frustrant. P. vient chez moi ce soir, je n'ai pas vraiment envie de la voir et pour être franc je n'ai pas envie de voir grand monde ; mais demain nous allons à Paris et il y a de fortes chances que je ne me réveille plus alors autant que quelqu'un soit là pour sonner le réveille et me sortir de chez les morts. Les crises la nuit sont de plus en plus violentes et je souhaite de toute mon âme que ça ne recommence pas cette nuit. Mais je ne me fais pas d'illusions.

Je suis largué au sommet de ma connerie.
Et je bouillonne de glace.

mercredi 17 novembre 2010

"Pour toi je suis une dent de lion et la céleste fille multipliée.
Pire. Un os à ronger.

Connais-tu mon nom ?
Ne le prononce pas.
Il cache un pouvoir - comme autrefois."

lundi 8 novembre 2010

Je peine à croire que demain je vais devoir de nouveau affronter les autres. Depuis quelques jours je suis victime de très désagréables ellipses temporelles. C'est incontrôlable et à vrai dire ça me fait presque peur. Je pense ne pas avoir suffisamment de vocabulaire pour relater l'intensité de ces absences imprévisibles.

P. (ou encore je ne sais qui d'autre) est là, elle traine chez moi, sur mon lit et me parle. Comme assez souvent je l'écoute à peine car je n'ai que très rarement envie de discuter. Je me contente alors de hocher la tête, voir les épaules ou de faire semblant de sourire en guise de réponse. Elle est gentille. Soudainement mon esprit s'égare, je m'évanouis discrètement ; elle n'a rien remarqué mais je ne suis déjà plus présent dans la pièce. Je me retrouve ailleurs, sans même y avoir pensé au préalable, je suis dans ce petit appartement du passé avec les rideaux rouges, il n'y a personne, ou presque. Tout est presque réel, exactement comment avant. Un rêve ou un cauchemar éveillé, je n'en sais rien, mais je m'y sens presque comme chez moi, la lumière est douce, c'est agréable. Je revois chaque meuble, chaque objet, chaque livre, chaque truc qui traine au moindre endroit. Puis je repars et je me retrouve à nouveau dans ma chambre et P. me parle toujours. A la première occasion j'acquiesce machinalement histoire de prouver indirectement que je suis une sorte d'individu toujours à l'écoute. Mais en vérité je n'ai aucune idée de ce qu'elle vient de dire, je n'étais plus là.

Ça ne m'inquièterait pas si cet évènement était isolé, mais ça m'arrive tellement souvent depuis quelque temps que je commence doucement à me demander ce qu'il est encore en train de se passer dans la tête. C'est tellement violent... je n'existe plus physiquement. Je crois que cette rupture, ce moment précis de ma vie a créé une véritable scission à l'intérieur. Ce fut d'une telle brutalité que presque deux ans après je commence juste à en mesurer les conséquences (d'ailleurs plus sur mon état psychologique que sur l'histoire en elle même). J'y avais jeté mes dernières forces et tout ceci me dévore encore aujourd'hui comme des retombées radioactives aussi ininterrompues qu'invisibles, imprévisibles et sournoises. Il suffit d'un rien pour me remettre dans l'exacte état de la Rupture, un rien vous dis-je. Que quelqu'un évoque l'histoire ou que les spectres viennent d'eux mêmes rappeler qu'ils ont existé suffit à me faire replonger pour des semaines. Tout s'effondre alors et ça fait mal, encore. Toutes les forces que je mets pour effacer tout ça de ma mémoire ne suffisent alors plus car j'en donne à coté déjà énormément pour ne pas en finir, tout simplement. Les gens ne comprennent pas en général, c'est une sorte de solitude lourde, vraiment très lourde. C'est d'ailleurs pour cela que j'en viens à en parler très clairement ici. Depuis bientôt deux ans je suis dans une sorte de cauchemars. Je suis mort, presque mort, un vivant mort qui s'accroche à pas grand chose, voir à rien du tout. L'automatisme de la vie pourrais-je dire. Depuis cette époque tout s'est accéléré, j'ai cessé de lutter, j'ai tout abandonné, chaque jour est bien pire. Je crois que je ne suis plus en possession de ma vie.

E. a promis qu'elle allait m'aider à sa manière et elle m'a dit tu verras bien. Alors je dis d'accord, elle pouvait pas mieux tomber à me raconter sa vie et ses conneries, quand tu veux. J'ai perdu toute sensibilité vis à vis des de l' avenir, de la logique, de l' affection, de l'empathie, du temps, de la culpabilité, de la pudeur, des autres, de la mort. Je suis devenu une machine inerte et bien rodée qui se contente de respirer et de faire semblant de réussir. Car évidemment je suis en complètement déroute et dans en échec total.

Le corps dans les abîmes, la tête contre les rochers.

jeudi 4 novembre 2010

J'ai franchi le point de non retour, je suis maintenant à l'abandon.

mardi 2 novembre 2010

J'envoie valser tous mes cours et au passage l'intégralité de ma piètre existence. Au dernière nouvelles, je dois être mort. Alors que les fantômes ressurgissent en tire groupé du néant, je m'aperçois en cette soirée si peu particulière que l'histoire se répète encore. Les destructeurs de vie arrivent en cavalerie pour me piétiner encore. Maudit jusqu'à la moelle, je vais devoir encore annoncer la même sentence pour les mêmes raisons, et ainsi de suite, comme à chaque fois. Je suis condamné à désespérer toute ma vie et je commence d'ailleurs tristement à m'y faire. Mais que dois-je dire ? Que je suis un arbre creux, de la viande morte que l'on a dévoré jour après jour. Peut être. Je ne suis plus qu'une carcasse vide qui raisonne, un tas d'os glacé et désensibilisé des choses de la vie. Je me crois mort et je traine mes débris de bon spectre dans des histoires au lendemain douteux, droit dans le mur. J'ai cessé de m'engager et de ressentir par manque de volonté, pour cause de fermeture définitive. Ô belle et grande falaise, j'attends à mon passage que tu t'effondres sur ma gueule car je ne suis décidément pas capable de te passer par dessus.

lundi 1 novembre 2010

" Je veux cesser sans conséquences.
Je veux aller à la mort comme à une fête au crépuscule. "

F. P.

dimanche 24 octobre 2010

" Je crois vraiment qu'il faudrait que tu bouges aussi, tu laisses tous de côté, tu te débarrasses des fantômes comme tu dis et des faux semblants. "

T'as raison baby.


lundi 4 octobre 2010

C'est à peine si j'ai trouvé un peu de force pour sortir du lit. J'ai cessé de me battre et j'embrasse sans vraiment le vouloir chaque jour un peu plus le néant, à la vie, passionnément. Je me suis engagé à tout détruire dans cette petite chambre, salle d'attente ou mouroir, allez savoir. J'ai trouvé la cellule idéale pour mes vieux jours. Je ne sors plus, ou très rarement, il faut que ça en vaille la peine pour que je traine ma sinistre carcasse au delà de ces murs. La faculté commence à devenir évasive, j'ai abandonné le travail et ne cesse de me réfugier dans la bêtise. Je fais n'importe quoi, je me retrouve dieu sait où, avec dieu sait qui mais il n'y plus de gout, il n'y a plus d'envie et encore moins d'avenir avec qui que ce soit. Je savais qu'il n'y avait plus rien à faire, faute d'avoir essayé, j'agonise très lentement et quand le moment y est propice j'emporte une tierce personne avec moi. D'ailleurs je ne peux même plus écrire d'autres vérités tant cet endroit devient mal fréquenté. Mais de toute façon peu importe car je n'ai même plus envie de mettre un seul mot sur des jours accablants et insipides où le poids de la vie est si fort que mon unique souhait serait de partir et de disparaître. Il n'y a plus aucune phrase assez forte pour qualifier mes états, tout a déjà été dit, je suis détruit et irréparable. Je n'attends strictement plus rien de la vie même si en ce moment elle m'offre exactement tout ce que j'aurais pu rêver à une certaine époque. Je ne pense au fond qu'à la falaise, à la hauteur, là où on respire enfin avant la fin ; seule réponse valable à ce gout de vivre qui m'a définitivement abandonné. Car en effet, ma chute, c'est tout ce qu'il me reste à opposer à l' existence.

vendredi 27 août 2010

Je ne suis rien d'autre que le vide qui contemple le néant.

lundi 2 août 2010

Dans quelques heures je pars, je m'en vais. La fatigue m'envahit mais je résiste encore un peu pour regarder cet endroit sinistre. J'amorce ce voyage tel un chemin de croix vers l'au-delas de ma vie. Je trace cette route à jamais dans le secret espoir de ne jamais en revenir. Je suis fatigué de maintenir en vie ce que je ne suis pas et de leurrer les gens sur ma véritable personne. Alors je pars en exil, on me l'offre sur un plateau et j'en profite pour amorcer la longue descente qu'il me tardait d'entreprendre. Je vais enfin vivre physiquement tel que je suis à l'intérieur, en complète déroute. Mon corps sonne la retraite. C'est la débâcle des mes émotions dans le voyage de l'Oubli. J'irai ensuite là où me mèneront les chemins, au hasard des vents et surtout la mort dans l'âme.

dimanche 1 août 2010

Ecorché vif.

Je pars très bientôt. Cette nuit je pouvais sentir ses os contre moi et au réveil, elle n'était plus là. Je n'ai pas pris de billet de retour, je n'arrive pas à en prendre, je n'imagine pas revenir ici et la tournure dramatique que prends doucement cet été ne me change finalement pas tellement d'avant. Je suis à bout de force, je pars sans regrets et vais trainer ma carcasse sur d'autres horizons décadents. C'est curieux à quel point les gens que j'aime et moi sommes fait pour nous fuir. Tu m'emmèneras dans ton océan, tu m' étoufferas avec tes pensées et on luttera dans nos silences car je n'ai plus le désir, à peine celui de respirer. Mes derniers mots viendront s'échouer sur tes rivages carmin car je n'attends qu'une chose, c'est de te rencontrer afin de tout finir sans regrets ; on se tiendra la main dans le vide de nos vies, dans nos erreurs, nos échecs, dans notre chute. Toi et ta vie, tendre folie. Le jour du Festival approche, même lui ne m'appartient plus, même lui a été vampirisé. A connaitre trop les gens, je sais parfaitement ce qu'il s'y passera. Ou alors je l'imagine un peu trop. A l'instant T. je sais qu'une seule chose pourrait définitivement me détruire. Elle le sait, il le sait, la Terre entière le sait. J'irai, j' irai pas, nous verrons, mais pour l'instant on a pas l'air de trop vouloir m'y emmener. Patience. Je n'ai plus confiance, je ne crois plus personne, ni lui, ni elle, ni personne. Cette histoire monstrueuse traine en longueur.Mais je ne peux rien dire. Je ne peux plus rien faire. Je suis un sol gelé et définitivement stérile.

Je n'attends plus rien.
Ni de ma vie, ni de personne.
Je suis une salve monocorde,
qui ne raisonne plus nulle part.
Droit vers la potence.

vendredi 30 juillet 2010

Si seulement je n' étais qu'un touriste.

Paris je j'ai hâte de me plonger dans tes bras salvateurs. Paris j'ai envie de te voir et de te revoir car tu me fascines dans toute mon ignorance. Je te trouve belle et ténébreuse. Paris du danger, Paris impossible. Je rêve de vivre dans le creux de tes reins millénaires. Je suis un aventurier désespéré qui viendra s'échouer le long de te quais torturés. Tu m'attires déraisonnablement et je ne vois qu' en toi la plus grande de toutes les craintes. Paris ô je sais que dans quelques jours tu m'achèveras une bonne fois pour toutes et que je ne pourrai alors rien y faire. Mais je suis un peu fou, jusqu'au bout, et je sais que te rencontrer à nouveau, pour de Vrai, n'aura d'autre finalité que ma définitive perdition.

L' échec des échecs.